Ouverture tous les soirs de 17h00 à 20h00 et le mercredi après-midi. Le mardi sur demande RDV.
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Ordinateurs Solidaires

C’est la grosse activité de cette sortie de confinement : proposer un ordinateur simple et peu cher pour doter les élèves qui n’avaient pas d’équipement pour travailler pendant le confinement. Et si le besoin était criant pendant le confinement, il existe aussi en « temps normal » puisque de plus en plus, le travail personnel demande un accès à internet et la création de documents.

Le début de l’histoire, c’est la commune de Joigny qui repère, en concertation avec les enseignants, plus de 100 élèves dans l’impossibilité de travailler pendant le confinement, faute d’équipement. L’État aussi puisqu’il flèche une subvention avec mission pour les communes de s’en servir pour doter les élèves. Comme à Joigny, la municipalité n’hésite pas à consulter des « experts » sur les sujets qu’elle ne domine pas, elle est venue consulter nos copains de SCANI et leur présenter leurs idées. SCANI et Le Maillet partageant de nombreux membres, on était là.

Rapidement, il est apparu que l’idée initiale était chère et basée sur un effet de mode : les tablettes. Pas facile de taper un texte dessus, perdable, volable, fragile, inféodée à une multinationale américaine… les inconvénients nous paraissaient nombreux. Et comme la mairie a la volonté de mettre gratuitement à disposition ces machines, le prix a son importance. Moins c’est cher, plus on peut en donner pour le même budget.

Raspberry Pi4

Nous, au Maillet, ça fait un moment qu’on « joue » avec des RaspBerry Pi, et qu’on se dit que ces tout-petits ordinateurs commencent à avoir une sacrée puissance. Alors on a proposé de faire une offre alternative. Et c’est comme ça que quelques semaines plus tard, on a présenté un prototype pour un prix d’une centaine d’euros, respectant le cahier des charges suivant :

  • Pas cher (comme ça, la mairie peut en mettre davantage à disposition)
  • Pas compliqué à installer, peu de manipulations
  • Une maintenance rapide
  • Pas compliqué à utiliser
  • Trouver un équilibre en notre volonté de neutralité du net et la protection des enfants

Pas compliqué à installer

On voulait un bloc avec juste des prises à brancher. Et pour épargner au maximum le Raspberry, on a interdit l’accès aux prises qui nous semblaient fragiles : USB-C et micro-HDMI. Les câbles sont donc branchés à l’intérieur du boîtier et indémontables. Pour la même raison, la carte SD n’est pas accessible. Par contre, les ports USB 2 et USB 3, ainsi que la prise Ethernet sont accessibles pour brancher clavier, souris et clé USB. Il y a donc un bloc écran/unité centrale, un clavier, une souris. Le boitier s’insère dans un socle vissé derrière l’écran dans les trous VESA. Le boitier et le socle ont également été dessinés au Maillet, et sont imprimés en 3D sur nos machines.

Il faut juste brancher le raspberry et l’écran sur le secteur. Initialement, nous avions rêvé d’écrans ayant des ports usb pour alimenter l’unité centrale à travers l’écran. On y gagnait en facilité, mais ces écrans sont rares et chers.

Une maintenance rapide

On voulait au maximum que l’élève ne reste pas en panne en attendant qu’on lui répare sa machine ou qu’un technicien vienne intervenir. C’est la raison pour laquelle le boîtier est dans un socle. Quand ça ne marche pas, l’utilisateur débranche le clavier et la souris, sort le boîtier du socle et le rapporte à un guichet en ville, où on a déposé une petit stock de machines en ordre de marche. La personne présente, qui n’a donc pas besoin d’être informaticienne, lui échange contre un autre qui fonctionne. Il rentre chez lui, rebranche et le voilà de nouveau opérationnel.

Évidemment, ça suppose que les données soient systématiquement enregistrées sur une clé USB. Ces ports restent donc accessibles.

Pas compliqué à utiliser

On a opté pour un système Linux. Il s’agit d’une Raspbian Lite sur laquelle on a installé une interface Mate qu’on a personnalisée, histoire d’avoir un lanceur d’application à la Ubuntu. C’est rapide, l’essentiel est accessible facilement et les curieux ont accès aux menus complets. On ne veut pas brider l’utilisateur. Le but est quand même qu’il devienne autonome.

Côté applications, la suite LibreOffice, VLC, Firefox, Scratch, une application de retouche d’image plus simple que Gimp, du basique, quoi !

Neutralité du net et protection des enfants

Ce fut un débat entre nous. La neutralité du net, on y tient. Dans le même temps, personne n’a envie que son enfant qui chercherait des informations sur des félins noirs et qui taperait « chatte noire » dans n’importe quel moteur de recherche, n’obtienne que des réponses d’ordre sexuelles.

Finalement, on a installé une extension de contrôle parental dans Firefox, mis l’ensemble des moteurs de recherche en liste noire et installé Qwant Junior comme moteur par défaut. Mais on sait que la désactivation du contrôle parental est accessible, comme l’installation d’un autre navigateur. Au moment de mettre à disposition les ordinateurs, les parents et l’enfant devront être là et il y a aura une sensibilisation au fait que la meilleure sécurité, comme à la maison ou en dehors, c’est la surveillance des parents.

Mais la protection des enfants, ce n’est pas seulement ce qu’ils peuvent trouver, c’est aussi ce qu’on peut leur prendre, soit par abus de faiblesse, soit en leur « volant« . C’est ce qui nous a fait opter pour cette configuration générale (linux, logiciels libres), C’est aussi en cela que la solution tablette nous déplaisait puisqu’elle oblige l’utilisateur à avoir une adresse chez Google (Gmail) et qu’on sait parfaitement que des données personnelles sont collectées par les grands acteurs d’internet. Que des adultes, sensés avoir lu et compris les CLUF, le fasse en connaissance de cause, pourquoi pas (à ceci près que ce n’est que rarement le cas). Mais de là à livrer les enfants, du moins les données de leurs vies à des grosses sociétés qui vont s’en servir pour les manipuler en triant les informations pour eux, on ne voulait pas en être complice.

Ça vous intéresse ?

Le Maillet de Joigny, c’est un fablab, pas une entreprise d’assemblage d’ordinateurs. Inutile donc de nous passer commande. On pourra sans doute travailler pour une autre commune de la CCJ (Communauté de Communes du Jovinien) comme on le fait avec Joigny, parce que c’est un peu grâce à la CCJ qu’on a les moyens d’exister.

Mais tout ce qu’on a développé, c’est dans l’esprit du libre et de l’Open Source. Chacun peut s’en emparer en respectant les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC.

Et bien entendu, chacun peut venir au Maillet pour apprendre à faire lui-même, pour participer à l’amélioration du projet en donnant ses idées, ou venir développer un projet s’inspirant de celui-ci pour une application différente. On est avant tout un lieu de partage et de mutualisation.

On met donc ici les fichiers STL du boîtier pour impression 3D. (support.stl, couvertcle-2.0.stl et fond boitier-2.0.stl) Cependant, c’est un projet qui continue d’évoluer, probablement plus vite que les mises à jour de cet article. Nous contacter directement pour avoir les dernières versions.

INSTALLATION

On utilise Balena-etcher (ou autre) pour mettre raspbian lite sur la carte SD après l’avoir téléchargée sur son PC. On insère ensuite la carte dans le raspberry et on le démarre. À l’invite, on tape :

sudo raspi-config (utilisateur : pi, mot de passe : raspberry)

  • Changer la localisation
  • Changer le clavier
  • Configurer le wifi
  • Activer SSH
  • Changer mot de passe de pi

Ensuite, une petite mise à jour du système est indispensable :

  • sudo apt-get update
  • sudo apt-get upgrade

Installation de l’interface graphique Mate : sudo apt-get install mate-core mate-desktop-environment
Installation du gestionnaire de connexion lightDM : sudo apt-get lightdm

Ajout de l’utilisateur : [eleve] pw : [joigny] : sudo adduser eleve
Permettre à l’utilisateur d’exécuter sudo : sudo adduser eleve sudo

Mettre un indicateur Wifi dans la barre des tâches pour faciliter la connexion. Si vous avez travailler en SSH jusqu’à maintenant, ceci est à faire sur le raspberry parce que ça le déconnecte du réseau :
1) sudo apt install network-manager network-manager-gnome openvpn openvpn-systemd-resolved network-manager-openvpn network-manager-openvpn-gnome
2) sudo apt purge dhcpcd5

De même, on met un indicateur qui permet de gérer la connexion Bluetooth. En effet, on prend souvent ses photos avec son portable, et pour les intégrer dans un rapport de stage (par exemple), c’est bien pratique : moi, j’ai installé Blueman avec Synaptic.

La gestion du son est un peu pénible. Je ne me souviens plus exactement ce qu’on a fait, d’autant qu’on l’a fait tomber en marche d’une façon vraiment improbable.

Pour changer le fond d’écran (splash) de Lightdm au moment de la connexion, mettre l’image dans /home/Images/ de pi
Editer en root le fichier de configuration : sudo nano /etc/lightdm/lightdm-gtk-greeter.conf
décommenter la ligne ‘background‘ de la section [greeter] et mettre
background=/path/to/file.svg (ou png)
Enregistrer et quitter nano.

Pour installer les applications : sudo apt install [appli]

Pour créer le lanceur à la Ubuntu sur le côté :

  • clic droit sur un tableau de bord et Nouveau tableau de bord. Il se met en gris à droite
  • clic droit sur le nouveau, propriétés. Le placer à gauche, le grossir (48),
  • choisir couleur unie et le noir puis régler la transparence à 25%.
  • Ouvrir le menu application, faire un clic gauche long sur l’icône de l’application et aller la déposer dans le tableau de bord.

Voilà, je crois que je n’ai rien oublié !

Et ensuite ?

Nous devons maintenant réfléchir à des solutions pour l’impression des documents. En effet, SCANI peut régler la question de la connexion à Internet, LE MAILLET DE JOIGNY répond donc à la question de l’équipement en ordinateur. Mais pour qu’un enfant ait un poste de travail complètement opérationnel, il faut qu’il puisse imprimer des documents, soit qu’on lui a envoyés, soit qu’il a produits.

Certes, une réflexion et des formations des enseignants leur permettraient sans doute de limiter le recours au papier dans un contexte de confinement (par ex. : en utilisant des formulaires remplissable en ligne, ou des formulaires pdf). Il n’en reste pas moins que le passage par le papier est encore souvent nécessaire. C’est d’ailleurs un des manques identifié par les acteurs sociaux qui œuvraient auprès d’eux pendant cette période.